Lou VILLAPADIERNA

Lou VILLAPADIERNA Fold N2

fold_n2, 2019  encre projetée sur papier, ruban led 32 x 24 cm

La voix virtuelle, concept à partir et autour duquel Lou Villapadierna élabore une recherche fondée autant sur des écrits théoriques que littéraires et poétiques et développe en parallèle son travail plastique prenant notamment la forme d’installations, de films, de textes et de sculptures, serait ce que la voix — en tant que phénomène physiologique associé de prime abord à l’espèce humaine — n’est pas. Se définissant pour ainsi dire par la négative, par une forme d’abstraction et d’inouï, cette voix virtuelle existe indépendamment du corps, du souffle, du son, du logos, de la perception et en cela apparaît moins comme un outil de communication qu’un objet de spéculation, un levier (science) fictionnel ouvrant les frontières de l’espace relationnel qu’ouvre toute voix, aussi inattendue et sous-entendue soit-elle. 

En imaginant un larynx modifié composé de trois cordes vocales (au lieu de deux), l’artiste amplifie l’énigme de la voix en la décollant de l’espace et de l’expérience réels pour mieux la déconstruire et la réinventer au travers de nouvelles zones de f(r)iction — troubles. La puissance d’imagination et de récit qui traverse son œuvre invite à repenser nos modes de (co)existence et de relations à l’autre et, à l’unisson, à se demander « qui parle ?* » en vue de reconfigurer les fondements socio-éco-politiques du (non) vivant face à l’extinction qui vient.

 

  • Cf. Qui parle ? (pour les non humains), Aliocha Imhoff et Kantuta Quirós, Paris, PUF, 2022.

 

Anne-Lou Vicente